Par Josée Durocher

Tout petits, on a bien rapidement appris à parler, à sourire, à partager, à bouder, à marcher, à tomber, à taper du pied lorsqu’on n’était pas contents et bien plus encore ! On a aussi appris à s’excuser !

Misère ! Cette dernière leçon ne m’a jamais quittée, et je dirais même qu’elle a mené ma vie tout entière, car pour m’excuser, je me suis excusée !

 

S’excuser pour tout

Je m’excusais d’avoir souri, de n’avoir pas souri, d’avoir éclaté de rire au mauvais moment ou encore de ne pas avoir de sens de l’humour. Ou bien j’en faisais trop ou bien je n’en faisais pas suffisamment. À m’excuser pour un tout et pour un rien, j’avais l’air d’une véritable girouette qui tournoyait au vent !

Mes excuses étaient comme les mesures d’un thermomètre personnel selon ce que les gens semblaient penser de moi ou selon ce qu’ils me disaient carrément ! Et un jour, c’est arrivé ! On m’a lancé : « Pas tannée de t’excuser de respirer ? » Alors je me suis excusée deux fois plutôt qu’une (rires) !

Enfin, le temps a passé, et j’ai essayé bien fort de ne plus m’excuser pour des riens… je finissais toujours par m’excuser de déranger parce que je m’étais excusée.

 

Un cochon et un perron

Je vivais ainsi, égale à moi-même jusqu’au jour où on me souffla l’adage qui dit : « Donne à manger à un cochon ; il viendra ch… sur ton perron ! » Autrement dit, il importe de ne pas attendre de reconnaissance pour l’aide qu’on donne à une personne en particulier.

Je l’ai vécu, j’ai senti que j’étais tout le temps celle qui donnait et, comme dans le proverbe, l’autre ne rendait presque pas service et quand elle m’accordait du temps, je sentais bien que c’était souffrant pour elle.

 

La plus belle leçon de ma vie

Et là, tout me parut très clair ! Je me suis rendu compte que je me mettais souvent dans tous mes états juste pour plaire… et c’est pour ça que mon réflexe de m’excuser qui provenait de cette grande blessure de culpabilité se pointait si souvent le bout du nez !

Mais la pire blessure que j’avais dans toute cette histoire, c’était mon grand manque de reconnaissance. J’ai donc travaillé là-dessus intensivement et de plein de manières différentes. Je ne dis pas que tout est guéri et que le dossier est clos, mais je me sens beaucoup mieux qu’avant puisque je me donne ma propre reconnaissance et à temps complet !

Je n’alimente donc plus des attentes irréalistes envers les autres et je ne laisse plus le pouvoir sur ma vie à des gens qui n’ont pas à l’avoir. Moi, je suis la seule à avoir du pouvoir dans et sur ma vie.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais le fait est que je voulais tellement bien me fondre dans le décor pour éviter qu’on voit mes différences. J’étais vraiment à l’affût, en vain. Parce qu’au fond, on ne peut cacher indéfiniment et tout à fait notre nature profonde.

 

Assumer

C’est donc aussi à être authentique avec les gens qu’on ne se plie pas en quatre. On prend notre place, pas celle des autres, mais celle qui nous revient de droit. On est comme on est et on assume.

Oui, madame, monsieur, nous accepter nous évite bien des problèmes et nous épargne des blessures relationnelles inutiles. Pour les blessures qu’on traîne depuis longtemps, nous accepter nous aide souvent à guérir.

Excuse-toi? Non, ne t’excuse jamais d’exister!