Par Josée Durocher

Ma dernière entrevue de l’année, j’ai choisi de la faire avec nulle autre qu’Iris Martinez, une jeune femme autiste et autrice. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de la lire un peu et je dois bien avouer qu’elle a du talent à revendre. Elle est actuellement à nous pondre un petit bijou de roman, et je miserais ma chemise qu’elle saura en faire un réel succès!

Qui est Iris?

Iris est Française et souhaite obtenir sa citoyenneté canadienne sous peu. « Cela fait six ans que je suis ici. J’ai survécu à l’hiver de nombreuses années! », me dit-elle, heureuse. Elle est résidente permanente pour le moment.  Sa famille vit en Europe et en Amérique du Sud, l’accent n’a pas été un problème pour elle qui s’y est adaptée très rapidement.

Si j’ai communiqué avec elle, c’est que je fais actuellement des recherches auprès des femmes autistes pour un ouvrage au sujet de leur vie intime. C’est mon bon ami Marc-Olivier de Myelin qui m’a suggéré le nom d’Iris. Il faut dire qu’il la connaît très bien puisqu’elle fait équipe avec lui pour l’application du même nom!

C’est une fille charmante et des plus allumées! J’ai adoré discuter avec elle de son travail pour la fameuse application et de ses projets d’écriture. Ce n’est pas tous les jours qu’une autrice nous donne accès à ses écrits avant même qu’ils ne soient publiés!

Une autrice…

Pour l’heure, elle a publié six fois aux Éditions Guy St-Jean. Elle a aussi publié L’horloge qui a paru aux Éditions de Mortagne.

« J’ai travaillé brièvement chez de Mortagne et j’ai appris à bien connaître leur catalogue; ça m’a aidée lorsque j’ai rédigé ma proposition de premier roman. On m’y a acceptée en tant qu’autrice parce qu’on aimait le projet. Les éditeurs veulent publier, mais privilégient évidemment les projets qui entrent dans leur ligne éditoriale », m’explique-t-elle.

« Quand j’étais éditrice, je faisais souvent autre chose. J’ai même créé le logo d’une de nos collections jeunesse à l’époque! J’assistais aussi mon supérieur en recherche de temps en temps… », renchérit-elle.

Myelin et elle

Elle œuvre au sein de l’équipe de Myelin à titre de développeuse « front-end » (tout ce que les utilisateurs voient de l’application). Elle y rend aussi l’expérience-utilisateur facile et pas frustrante du tout. « L’important c’est le sens de l’esthétisme et celui de la facilité d’utilisation! », me lance une Iris passionnée par ce qu’elle fait!

Elle a appris de façon autodidacte ce genre d’activité professionnelle. Elle est vraiment heureuse de l’occasion favorable qu’elle a de toujours pouvoir apprendre. Iris n’est toutefois pas du genre à se vanter… « J’essaie de puiser dans d’autres compétences que j’ai afin de bien faire mon travail. Le dessin, la photographie et bien d’autres choses encore. J’ai encore tellement de choses à apprendre! » Mais franchement, jeter un coup d’œil à Myelin c’est se rendre immédiatement compte de tout le talent qu’elle a!

Savoir à 25 ans!

Elle a su à 25 ans pour son autisme. « Le diagnostic est venu confirmer ce que je savais déjà depuis des années. Il m’a fait beaucoup de bien. Cela m’a confirmé qu’il existait une raison à mes difficultés. Je suis donc normale, à ma façon. J’ai tellement douté de moi avant! », me lance-t-elle, soulagée.

Au début, elle se renseignait sur l’autisme sans vraiment savoir qu’elle lisait sur elle-même en fait! Il y a beaucoup de façons d’être autiste, et elle en est une des multiples versions.

Comme beaucoup d’autistes, Iris a des intérêts qu’elle qualifie dans son cas de successifs : « Je vais être très intense dans un intérêt et dans un autre… et dans un autre », m’explique-t-elle en riant. « D’une façon générale, toutefois, ce sont souvent les arts et les langues qui captent mon attention d’autiste… d’où ma carrière entre littérature, programmation et travaux visuels. »

Elle a récemment joint le collectif Aut’Créatifs (Mouvement de personnes autistes en faveur de la reconnaissance positive de l’autisme). « Je suis bien excitée, car ça semble être un groupe de gens géniaux! »

Décidément, nous n’avons pas fini d’entendre parler d’Iris Martinez, celle qui fait penser à une fleur aux couleurs vives et qui brille justement par ses couleurs récidivera bientôt avec un nouveau roman. Elle y parlera, entre autres choses, de l’asexualité chez une jeune fille. Alors longue vie à cette jeune femme talentueuse!