Par Josée Durocher

Quelle belle et instructive rencontre j’ai faite avec monsieur Fabrice Leroy, criminologue et faisant partie du Programme de développement professionnel – Immersion (couramment appelé le « Programme Immersion » du SPAL (Service de police de l’agglomération de Longueuil). J’ai été emballée par cet entretien ! Quand le SPAL se met au même rythme de son époque, à lire ici !

 

La police au service des gens

Moi qui ai longtemps eu maille à partir avec l’autorité dont les agents de police en général, j’avoue que je regardais de loin ce projet avec un œil un peu sceptique. Je suis loin d’être une criminelle, mais bien que je souhaitais ardemment que la police et la population autistique fassent bon ménage, je n’y croyais pas vraiment.

 

Reste que Fabrice Leroy m’a fait changer d’idée et de bien belle manière ! Lui qui, à mes yeux, était, ce jour-là, un porte-parole du projet, m’a fait voir les agents de police et leur directeur, comme des gens dotés d’une grande humanité, qui sont capables de déduction – je m’en doutais bien – et d’un grand discernement. Ces qualités sont mises à l’honneur dans ce fabuleux « Programme Immersion », et c’est d’un élan très enthousiaste que je vous écris à ce sujet aujourd’hui !

 

Il s’agit d’un programme qui vient bouleverser les idées préconçues, certes, mais aussi et bien positivement la culture même de l’organisation policière ! Dans l’équipe, il y a monsieur Fabrice Leroy, mais également monsieur Farid Bekal et madame Gabriela Coman, et tout le monde a à cœur de faire évoluer les pensées et d’élargir les horizons, d’un côté, des agents de police et de l’autre, des personnes autistes et leurs familles.

 

Tout se vit en immersion

Ainsi, deux fois par an, pendant une période de 5 semaines, une trentaine d’agents sont retirés de leurs tâches régulières, pour, habillés en civil et ne portant pas d’arme, aller à la rencontre d’une grande diversité de populations et de thématiques (l’itinérance, la santé mentale, la diversité culturelle, les jeunes, les personnes racisées, les personnes autochtones), dont l’autisme au sein même de la population qu’ils desservent.  

 

C’est le fait qu’ils aillent, avec les permissions de tous les gens concernés, autant dans les écoles spécialisées que dans les familles de personnes autistes qui m’a emballée dans ce fameux projet ! Ils passent des soirées avec ces gens, ils observent, ils discutent, ils apprennent énormément puisqu’ils participent également aux activités prévues par les familles.

 

Ensuite, ils reviennent, quelques jours plus tard (avant de poursuivre leur immersion dans d’autres milieux et réalités) vers l’équipe pour un genre de debriefing ou compte rendu si vous préférez, afin d’exprimer et décortiquer ce qu’ils ont pu vivre, voir et ressentir durant leur immersion dans les écoles et les familles. Bien entendu, l’équipe qui dirige ledit projet est là pour les accueillir, leur donner des compléments d’information et élargir encore davantage leurs horizons.

 

Des connaissances supplémentaires relatives à l’autisme

Je parie que le « Programme Immersion » sera gagnant sur toute la ligne ! D’une part, les policiers connaîtront mieux l’autisme et auront peut-être de nouveaux scénarios d’intervention dans le cadre de leur travail afin que tout se vive de manière plus positive. D’autre part, les personnes autistes et leurs familles seront vues et entendues dans leurs propres milieux et pourront communiquer leurs besoins plus facilement.

 

Quant à moi, j’aurais bien aimé être volontaire pour un tel projet lorsque j’étais plus jeune puisque cela m’aurait très certainement permis de laisser tomber mes barrières et aussi mes nombreux préjugés que j’alimentais face à la police. Je n’aurais pas passé une partie de ma vie à trembler des genoux à la vue d’un agent et j’aurais été plus encline à demander de l’aide.

 

Oui, vraiment ! Le SPAL me surprend positivement et que dire des gens à la tête du « Programme Immersion » qui, je vous assure, ont le cœur à la bonne place si j’en crois le discours empreint d’humanité de Fabrice Leroy.