Par Josée Durocher                       

Moi, je crois en l’inclusion. Cette croyance résume bien ce que je fais chaque jour. Comme si la vie était un navire, je crois que ce véhicule est suffisamment grand pour accueillir tout le monde. Et dans le navire de la vie rêvée que je chéris, il n’y a que des premières classes. Je fais entendre ce message à qui mieux mieux.

Mais tous ne pensent pas comme moi, malheureusement. Ces gens classent les autres selon leurs différences, leurs talents, leur beauté, leur intelligence, etc. Ils croient aussi qu’il existe différents bateaux pour différents groupes de personnes.

À ce compte, aussi bien dire que certains bateaux accueilleraient seulement les gens aux yeux bleus, verts, bruns ou pers! Cette idée me déplaît au plus haut point, mais elle m’attriste également. Cela équivaut à dire que moi qui ai les yeux bleus, ne pourrais naviguer qu’avec des personnes aux yeux bleus aussi! Quelle tristesse parce que les yeux bleus s’ils font penser au ciel, ne sont pas les seuls à avoir des étincelles.

“Les autres couleurs sont également très belles et peuvent témoigner de regards tellement intéressants!”

Se faire jeter par-dessus bord

Il y a des gens qui aiment bien se retrouver avec leurs semblables… mais ne le sommes-nous pas tous? Semblables? Rien ne m’empêche de côtoyer des gens qui me ressemblent énormément par leurs particularités lorsque je suis dans le grand navire de la vie!

Certains veulent nous jeter par-dessus bord! Et ils ne lancent même pas l’appel : « Un homme à la mer! » parce qu’ils jugent normal le fait de séparer les gens selon leurs critères.

Et parlons-en de ces critères! Prenez moi, par exemple, j’accuse un surpoids, je suis petite, je porte des verres, j’ai les cheveux bouclés et je suis autiste. Si j’écoutais beaucoup de personnes, je n’aurais même pas une place dans le canot de sauvetage!

En conclusion…

On me jettera à l’eau autant qu’on voudra, je suis aussi extraordinairement obstinée et toujours je prendrai ma place dans cette vie. Jamais je ne me laisserai dicter mes droits. Je les connais mes droits. La peine que j’ai toutefois est de devoir me battre pour les faire respecter.

Et je ne suis pas la seule dans cette situation, et c’est très malheureux parce que quand on y pense, il n’y a personne de meilleur. On a tous la même valeur. Et dans toutes nos unicités, nous nous ressemblons tous : nous sommes différents.

Seule consolation, la mer sur laquelle nous voguons nous mènera tous à vivre différentes expériences et grâce à elles, nous évoluerons tous. C’est vrai que certaines personnes sont bornées et ne voudront probablement jamais changer d’idée, mais la plupart d’entre nous auront le temps d’avoir des opinions différentes avec le temps.

Les orgueilleux et les gens de mauvaise foi n’auront qu’à bien se tenir! Mon navire, celui de tous, nous mène d’un quai à l’autre. Le voyage est parfois long, parfois très court, mais toujours nous ferons face au vent et aux vagues, nous vivrons!