Par Josée Durocher

Il m’arrive de parler de moi. Pourtant, depuis le début de cette crise sanitaire mondiale, j’ai plutôt choisi de donner la parole aux autres. Là, tout de suite, j’ai envie de vous raconter mon confinement…

Je ne sais pas pourquoi je ressens ce besoin pressant de vous faire part d’une partie de mon monde intérieur. Peut-être que ce sont tous ces témoignages que les gens font grâce au service Mot à Mot qui m’y incitent… peut-être aussi est-ce parce que je les accompagne du mieux que je le peux en faisant en sorte que leurs textes soient optimisés pour le Web. En vérité, je ne sais pas. Mais est-ce bien important?

Mon confinement

Je vis mon confinement avec mon fils, ma mère et nos deux chats. Tout se passe relativement bien. En fait, je n’ai pas à me plaindre de quoi que ce soit. 

Moi qui suis très anxieuse normalement, je fais de mon mieux pour gérer l’anxiété qui me guette. Il y a des jours plus faciles à vivre que d’autres, mais je reste positive malgré les peurs et les doutes.

Nous sommes donc trois adultes à la maison et nous vivons chacun notre vie confinée. De temps en temps, nous prenons des pauses de ces vies de solitaires et nous nous regroupons. Nous avons un excellent moral et nous rions beaucoup.

Certaines situations sont d’autant plus drôles puisque le confinement, ça tombe sur les nerfs! Nous faisons énormément d’autodérision et, honnêtement, cela nous fait un bien fou!

Comme l’autre matin, le jour de l’anniversaire de mon fils, lorsqu’il a ouvert sa porte de chambre après s’être éveillé et que j’ai entonné un chant de Bonne Fête! Il a refermé la porte aussitôt… J’en ai donc conclu assez rapidement qu’il n’aimait pas ma voix.

Ou comme l’autre jour, quand ma mère cuisinait son fameux ragoût et qu’elle m’a demandé d’y goûter et de lui dire s’il manquait un assaisonnement. Bien, je lui ai dit que oui, et elle s’est fâchée (rires). Je me suis donc dit que les murs de notre demeure la rendaient impatiente.

Mon SOS

Vous voyez? Ce ne sont que des choses cocasses qui m’arrivent à bien y penser, et c’est en versant une larme ou deux que je poursuis ce texte.

La vérité est que je voulais et que je veux encore tellement me rendre utile que j’ai fait du bénévolat et que j’ai tout refondu mon site afin qu’il réponde véritablement à ma mission et aux besoins de mon lectorat. 

J’ai imaginé le service Mot à Mot afin de donner une tribune aux personnes autistes, elles qui ont peu souvent la chance de s’exprimer sur leur vécu ou leur réalité. En ces temps de pandémie, je me suis dit que ce genre de service serait sûrement salvateur pour la plupart des gens qui m’écriraient.

Mais je ne pensais pas recevoir autant de témoignages poignants… touchants! Bon nombre d’entre eux ne sont même pas diffusés sur le site Mot d’Autiste, à la demande des auteurs eux-mêmes qui ne veulent que se confier à quelqu’un et qui ne souhaitent qu’une réponse attestant que leur message a été lu.

Je suis triste. Triste de ne pouvoir faire davantage. J’ai mis en place tout un tas de façons pour les gens de contribuer financièrement à Mot d’Autiste. La raison est que ce site ne me rapporte aucun argent. Tous les sous amassés sont réinvestis dans le site lui-même et dans l’optimisation des témoignages et la correction professionnelle des textes que je reçois.

Scriptech, la boîte qui corrige tous les textes qui sont diffusés sur le site, est d’une aide précieuse et peu coûteuse. Mais à raison de trois, quelquefois quatre textes chaque semaine, mes sous à moi ne suffisent plus à tout payer.

J’ai donc mis en place une collecte de fonds pour le service Mot à Mot. J’espère de tout cœur atteindre mon objectif de 1000 $ afin de payer la plateforme qui me permet d’amasser cette somme et avoir suffisamment de liquidités pour poursuivre ce service.

Car ce service a connu immédiatement un succès instantané. On sait pourquoi! Les personnes autistes et leur entourage ont besoin de s’exprimer. Ils ont un vécu très riche à partager et des messages importants à communiquer.

J’espère vraiment que les bonnes personnes liront ce texte et comprendront l’importance de Mot à Mot. Moi, je m’investis chaque jour pour l’offrir. J’y mets du temps, de l’effort et de l’argent parce que j’y crois!

En plus de tout cela, je fais connaître le service, la collecte de fonds et j’incite les gens à écrire. En anglais on dit : « There’s so much I can do! » Alors je vais le dire en français aussi pour bien me faire comprendre : « Je ne peux faire davantage! »

SVP, aidez-moi. Aidez-moi en faisant ne serait-ce qu’un tout petit don. Cela fera une énorme différence dans la vie des gens. J’ai véritablement besoin de vous tous afin de créer une vague qui déferlera sur le monde.

Une vague où les différences ne sont pas mises de l’avant pour diviser, mais pour réunir, car on peut tous apprendre les uns des autres.